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EXTERIEUR
Autour de l'église |
Imaginons que nous soyons un visiteur (non virtuel) de cette église...
Commençons donc notre promenade en faisant le tour par la droite en sortant.
Sur le pilier d'angle, à hauteur d'homme, on peut lire cette inscription gravée dans la pierre:
" L'an mil six centz cinquante huict Ce dernier jour de Febvrier, L'eau à Vernon, le pont rompit et vint au pied de ce pilier. "
indiquant ainsi le niveau atteint par la Seine à cette époque. Il s'agit d'une inondation liée à de fortes pluies automnales et hivernales et aussi à débâcle des glaces. L'hiver avait été très rude, la Seine avait gelé comme elle le faisait souvent du temps où il n'y avait pas de circulation de bateaux lourds qui peuvent casser la glace en formation. Lors de la fonte de la glace, les blocs se sont accumulés derrière le pont, formant une sorte de barrage. Le niveau de l'eau a donc monté d'une façon très exceptionnelle jusqu'à ce que le pont se rompe sous la pression combinée de la glace et de l'eau.
Les inondations de l'hiver 1658
En pénétrant dans la rue Saint Sauveur, on remarque l'étroitesse de celle-ci qui laisse un modeste passage entre la maison du XVème siècle (au coin) et la Collégiale. C'est que depuis un siècle ou deux, on a pris l'habitude de dégager les églises au centre de places ou de squares nouvellement créés. En fait, dans toutes les villes médiévales, les rues formaient un lacis serré autour de l'église. Savez-vous, par exemple qu'à Paris, le parvis de Notre-Dame faisait moins d'une trentaine de mètres de large (et on estimait alors que c'était un grand espace), bien loin de l'immense place qui existe de nos jours? De même à Vernon, la place devant la Collégiale n'existait pas et le parvis était réduit à quelques mètres.
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Gargouilles
Le porche Nord
De style gothique flamboyant, il occupe l'emplacement de la troisième chapelle et peut rappeler celui de Saint Martin d'Harfleur. Il se compose d'un arc en tiers point encadré de niches destinées à recevoir des statues. Mais celles-ci ont; hélas, disparu, très probablement lors de la Révolution. C'est d'ailleurs à cette même date que furent décapitées les petites statues de l'archivolte qui représentaient les Vieillards de l'Apocalypse et des anges.
Le portail lui même est divisé en deux par un trumeau maintenant vide et est surmonté par un arc semblable à celui de l'extérieur. Deux frises parallèles courent sur la voussure:
Comme tous les porches, celui-ci servait de lieu intermédiaire entre l'église elle même et le monde extérieur. C'est là qu'avaient lieu diverses cérémonies réservées à ceux - tels les catéchumènes, les pénitents - qui devaient rester séparés de l'assemblée des fidèles. C'est ainsi que les exorcismes se déroulaient à ce portail. (Nous en avons la confirmation par une note de 1658 indiquant qu'un exorcisme a dû être exceptionnellement effectué au portail principal, car le portail Nord était inondé.) De plus ces hommes et ces femmes, qu'on ne considérait pas comme des chrétiens 'à part entière', n'étaient pas autorisés à assister à la totalité de l'office religieux qui se déroulait à l'intérieur. Le porche servait alors mettre ces personnes à l'abri des intempéries pendant ce temps et c'est dans ce but qu'on avait construit un banc de pierre à l'intérieur du porche.
Continuons notre promenade en longeant le transept nord avant de parvenir au chevet.
Chevet
La chapelle de la Vierge prolonge l'axe de l'édifice à l'Est. C'est une élégante construction dans le plus pur style de la seconde partie du XIVème siècle.
De part et d'autre de la chapelle de la Vierge, ainsi qu'à l'extrémité du côté Sud, des pierres d'attente montrent les arasements à peine amorcés des chapelles rayonnantes ainsi que de grands travaux d'agrandissement - jamais réalisés - qui accusent un projet de reconstruction totale ( partie gauche de la photo).
En prenant un peu de recul, l'oeil est charmé par l'ordonnance pittoresque du chevet où s'étagent les pans coupés de la chapelle de la Vierge, le croupe du choeur surmontée par les étages de la tour.
Côté sud
En continuant de longer la Collégiale, on arrive sous des fenêtres à meneaux cruciformes protégées par de forts barreaux de fer: ce sont celles de la sacristie, de style Renaissance, surmontée de l'ancienne salle du trésor ou salle des Chanoines.
A hauteur du croisillon sud, on peut lire cette inscription gravée sur l'un des contreforts de l'église :
" L'an Mil six centz Cinquante huict, huict degredz des poissons, la Seine brisant le pont, O triste bruit ! estendit ici son domaine "
Cette inscription rappelle à nouveau la crue de 1658. On peut noter l'humour (ou la pédanterie, ou la volonté d'être obscur ?) qu'a montré le rédacteur de ce texte en parlant de huict degredz des poissons, ce qui signifie simplement huit jours après le début du signe des Poissons, soit le 28 février, date confirmée par l'autre inscription sur le pilier côté nord-ouest.
Les inondations de l'hiver 1658
De l'autre côté de la rue, une maison à colombage datant du XVIème siècle: il s'agit d'une des maisons des Chanoines et à nouveau on peut se rendre compte de l'étroitesse des rues médiévales.
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