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VITRAUX |
A partir du XIIème siècle, un courant de pensée dominant, inspiré du Pseudo-Denys, soutient que Dieu est lumière et que chacune de ses créations reçoit et transmet un partie de cette lumière. "Ce concept est la clé de l'art nouveau - art fondé sur la lumière, la clarté et la brillance." (G. Duby, L'Age des cathédrales). En effet, à la même époque, les bâtisseurs ont découvert un procédé architectural nouveau qui permet d'ouvrir largement les murs, qui ne sont plus porteurs, et donc de placer d'immenses verrières.
Détails sur la rencontre entre les nouvelles techniques architecturales et la nouvelle conception de Dieu.
Les vitraux avaient une triple fonction:
servir à l'enseignement religieux du peuple qui était illettré dans sa grande masse; contribuer à la beauté du lieu qui, ainsi n'est plus simplement un bâtiment fait de pierre, mais qui devient la représentation terrestre de la Cité de Dieu telle que l'apôtre Jean la décrit dans l'Apocalypse: " La muraille était construite en jaspe, et la ville était d'or pur, semblable à du verre... La muraille de la ville est ornée de pierres précieuses de toute espèce. " Les immenses verrières sont comme de merveilleux joyaux, comme des murs sertis de pierres précieuses. Ceci est d'autant plus vrai qu'au Moyen Age, le vitrage est un produit de très grand luxe et, à plus forte raison, que les vitraux sont colorés. (Seuls les grands seigneurs peuvent avoir des fenêtres vitrées dans leur résidence. Les autres se contentent de papier huilé pour fermer les ouvertures et devront attendre le XVIème siècle pour disposer de vitres à leurs fenêtres, les plus pauvres devant même attendre le XVIIIème siècle.) faire du bâtiment de pierre le lieu sacré de la présence du Dieu Tout puissant."Les fenêtres vitrées par lesquelles se transmet la lumière du soleil signifient les Saintes Ecritures qui repoussent le nom du mal, tout en nous illuminant. " (Pierre de Roissy - Chartres)
Ecoutons ce que disent des évêques du XIIIème siècle:
" Les fenêtres sont les Ecritures divines qui versent la clarté du soleil, c.a.d. de Dieu dans l'Eglise, c.a.d. dans le cœur des fidèles tout en les illuminant " (Durand, Evêque de Mende)
D'une extrême fragilité, ces grandes surfaces vitrées sont les premières a souffrir des méfaits du temps ou de ceux des hommes, et tant la révolution de 1789 que la seconde guerre mondiale ont été néfastes pour les vitraux de la Collégiale.
Durant le XIXème siècle, des vitraux nouveaux furent posés pour remplacer ceux détruits pendant la Révolution, mais malheureusement les raids aériens de 1940 et 1944 ont à nouveau tout détruit, à l'exception d'une fenêtre qui avait été déposée en 1939 pour être restaurée (et qui donc a passé la guerre dans des caisses, ce qui l'a préservée!) ainsi que de quelques fragments qui ont été remontés depuis.
Ce vitrail (très restauré) du début du XVIème siècle représente des anges musiciens.
Quelques précisions sur les anges musiciens qu'on rencontre partout aux 15ème et 16ème siècles.
Baie à quatre lancettes de la fin du XVème siècle avec diverses scènes de la Passion du Christ et de la vie de Saint Jean-Baptiste. Par exemple, Piéta (lancette de gauche), baptême du Christ et décollation de Saint Jean-Baptiste en bas, dans les lancettes centrales.Le remplage (la partie supérieure) montre des scènes de la Passion du Christ: le Christ devant Pilate, la Flagellation, un Portement de Croix, etc...
Partie supérieure d'un vitrail du XVIème siècle qui représente les Saintes Femmes. On les voit en particulier débarquer en Provence et ressusciter un jeune enfant mort.
Quelques fragments des vitraux de la chapelle de la Vierge posés au XIXème siècle ont survécu et ont pu être rassemblés pour reconstituer ce vitrail évoquant la vie de la Vierge.
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