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Abattages
d'arbres - Tapisserie de Bayeux
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Enluminure XVème
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Surdimensionnement empirique
des bois autrefois
Du point de vue statique, la charpente en bois d'une construction à
colombage se présente comme une cage articulée; c'est
uniquement l'expérience professionnelle du charpentier et du
maître d'oeuvre qui leur permet de d'estimer les dimensions des
pièces de bois nécessaires à la reprise des charges
et des efforts. Aussi, les différentes pièces de bois
sont-elles souvent généreusement et empiriquement surdimensionnées.
Bien que le brugeois Simon Stevin (1548-1620) eût déjà
découvert le parallélogramme des forces, permettant de
calculer les charges et les efforts dans les colombages et les autres
constructions simples, il a fallu attendre le XIXème siècle
pour que le calcul des colombages se généralise et que
les dimensions des pièces de bois soient ramenées à
celles structurellement nécessaires.
On peut donc estimer la capacité
portante d'un pan de bois de façon scientifique :
La capacité portante d'un pan de bois s'exprime en kilogramme-force.
Elle est le produit de la capacité portante d'un des poteaux,
multiplié par le nombre de poteaux, et affecté d'un coefficient
de vétusté. La capacité portante d'un poteau est
égale au produit de sa section transversale , exprimée
en cm2, par la contrainte de compression , exprimée en kg/cm2,
le tout étant affecté d'un coefficient qui varie en fonction
des essences de bois utilisées.
Dimensionnement des bois
Plusieurs manuels, datant pour la plupart du XIXème siècle,
donnent les dimensions des sections les plus utilisées. Par exemple,
L'Art de la charpenterie de 1837 propose (pour une hauteur d'étage
comprise entre 3,25 et 4 m) les dimensions suivantes:
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(en
centimètres)
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Extérieur
|
Intérieur
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| Epaisseur
du mur |
22
-24
|
16
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| Poteaux
principaux |
24
- 27
|
14
- 16
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| Sablières |
22
- 24
|
//
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| Colombes |
16
- 22
|
//
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.
Un autre manuel, celui de Rondelet, dans son Art de Bâtir,
recommande une épaisseur de pan de bois égale à
la moitié de celle d'un mur en maçonnerie soumis aux mêmes
contraintes.
Sciage
d'un arbre dans les forêts américaines en 1913
Scieurs
en long
Autant
d'opérations qui n'avaient pas encore beaucoup changé
par rapport à la période médiévale.
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Le bois et le feu.
Le bois a été longtemps considéré comme matériau facilement
combustible et donc rejeté dans la construction. C'est partiellement
exact, mais il ne faut pas oublier l'importance des toitures
en chaumes, dont certaines existaient encore au XVIIIème
siècle dans les villes, ni le fait que chaque maison était
amplement fournie en paille, foin, fagots et bois de chauffage
entreposés dans des bâtiments annexes ou dans la
maison elle même. Inversement les pièces de bois
étaient largement prises dans le hourdis, lui même
très peu inflammable, ce qui donnait à l'ensemble
une bonne résistance au feu.
En fait, comme le montre
le Document Technique Unifié "Bois de Feu" (DTUBF 88) de 1988,
l'emploi du bois dans la construction est beaucoup moins dangereux
qu'on ne le dit généralement.
Sa résistance au feu est
bien supérieure à ce que l'on pourrait le croire. Le bois massif
brûle lentement : « 1 cm par heure pour une intensité constante
du feu à 900°. » C'est un matériau difficile à faire flamber:
en effet, le bois a une faible conductibilité thermique. Elle
est de l'ordre de 0,15 W/m²/°c. La chaleur ainsi, ne pénètre
pas rapidement dans les parties internes de la pièce de bois
pour l'échauffer. En absence de source de chaleur externe, la
pièce perd beaucoup de chaleur par convection et rayonnement
et la combustion s'arrête. (Conductibilité du bois : 0,15 w/m²/°c
; béton : 1,75 ; acier : 52 ; aluminium : 230). Par sa bonne
isolation thermique, le bois est donc est très performant dans
la non propagation de la chaleur. Par exemple, la face non exposée
d'une porte en bois n'atteint pas une température supérieure
à 140 °c. De plus, la face non exposée n'émet pas de gaz inflammables,
c'est encore un critère qui limite la propagation..
Ensuite, le bois a une
bonne résistance au feu par sa résistance mécanique. Les structures
en bois ont une grande stabilité mécanique car, dans les conditions
d'un incendie, elles n'effectuent ni retrait ni allongement.
Ce n'est pas le cas des structures métalliques. Les bâtiments
en bois présentent donc moins de risques à l'effondrement. Il
suffit pour s'en rendre compte de voir des incendies récents
: des restes des maisons subsistent les poutres du pan de bois,
calcinées sur quelques centimètres d'épaisseur, mais au coeur
resté intact.
D'une façon générale,
le bois se comporte très bien au feu face à la réglementation
moderne sévère qui s'applique à la construction.
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La résistance
à l'humidité, aux attaques des champignons et des insectes est bien
supérieure encore à ce qu'on a l'habitude de croire, si le bois est
correctement mis en oeuvre.
Un dicton anglais dit que les maisons à pan de bois peuvent durer
des siècles si elles ont "un bon chapeau et de bonnes bottes",
c.a.d. une toiture et un soubassement en bon état..
La pluie qui fouette une façade n'est donc en aucuncas un danger pour
la maison à pan de bois. Le danger vient d'une voie d'eau dans la toiture
qui amène l'humidité à s'infiltrer et à s'installer durablement, favorisant
le développement des champignons, eux-même ouvrant la porte aux ravages
destructeurs des insectes xylophages.
De même, le soubassement a pour fonction principale, non de soutenir
l'ossature mais de l'isoler du sol pour empêcher les remontées
d'humidité.

Les bois de ré-emploi
assurent une restauration de qualité.
