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Parmi les maisons
à pans de bois de Normandie, on trouve tous les genres de décor,
des plus exubérants aux plus discrets. Mais il faut savoir que
les maisons à pans de bois de Vernon - et de la vallée de
la Seine plus généralement - étaient rarement décorées
et sculptées. Etait-ce un sens de l'économie (vertu que
l'on prête souvent aux Normands), ou une méfiance envers
les signes extérieurs de richesse? Ce qui est clair c'est que l'ornementation
exubérante ne faisait pas partie des traditions locales..
De plus, le changement
de mode et la lutte contre l'incendie, en conduisant à rogner tout
ce qui dépassait dans les encorbellements dès le XVIème
siècle pour pouvoir mettre en place un lattage soutenant un enduit
destiné à cacher le bois, ont favorisé la destruction
de sculptures qui pouvaient exister. De nombreuses traces de buchage sont
encore visibles sur certaine façades.
D'un extrême
à l'autre de la gamme, on peut voir:
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Des maisons sans
décor sculpté où seule compte la disposition
du pan de bois. Ceci concerne la plupart des maisons modestes
avant 1600 et toutes ensuite.
Rue
Bourbon Penthièvre
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| A l'opposé,
un décor sculpté qui envahit toute la façade
. C'est le cas d'un assez grand nombre ans de maisons de Basse Normandie
.Elles ressemblent
à de grands coffres sculptés, avec les poutres, les
consoles et les pigeâtres qui disparaissent sous les sculptures,
des saints, des feuillages, des guirlandes, des fruits, des figures
humaines, soldats ou musiciens, des animaux réels ou mythiques... |
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Sur
cette photo, on voit une maison de vernon transformée
par un historien et artiste local, Alphonse Poulain, au début
du XXème siècle sur le modèle des maisons
les plus décorées au XVème siècle..
Rue
Carnot
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En fait, dans notre ville, le
décor, s'il existe, se limite souvent au rez-de-chaussée
de la maison. Ce sont alors très les poteaux cormiers qui reçoivent
ces sculptures.
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Le poteau cornier à
l'angle de 2 murs de la maison est à la fois un élément
architectural capital et un élément d'ornementation
de la façade puisqu'il est décoré de ce qu'on
appelait des "ymages " en pierre ou en bois. .Notons
qu'à Vernon toutes ces 'images' étaient d'un caractère
religieux ( Annonciation, Ange, etc) alors qu'à Lisieux,
par exemple, on trouvait aussi des dragons, des singes, des sauvages,
autant de thèmes inspirés par les expéditions
outremer, dont, manifestement, les Vernonnais n'avaient pas entendu
parler...
Annonciation
sur la maison du Temps Jadis
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D'autres
types de décor
D'une façon
courante, la décoration
est liée à la disposition des colombes, arrangées
en croix de Saint -André, par exemple, mais c'est plutôt
rare en Normandie et vraiment exceptionnel dans la vallée de
la Seine.
Quelques
exemples de décor à Vernon et ailleurs
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Les
croix de Saint André et autres motifs décoratifs liés
à la disposition des colombes existent chez nous, certes,
mais sont employés avec discrétion, surtout quand on
compare avec d'autres régions françaises.
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On trouve parfois
au XVIème siècle un décor discret avec
des appuis en ½ bois sous les fenêtres sur
toute la longueur de la façade.
Rue
Carnot
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Les fenêtres
peuvent aussi être des éléments de décoration;
meneaux et accolades sont des classiques, mais aussi les moulures
des arcs, les guirlandes de feuillage, et les pinacles, lancettes,
crochets, etc, qui, eux, ne sont plus représentés
à Vernon.
Rue du Grévarin
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Sous Louis XIII les sablières
d'étages sont moulurées avec frise de cartouches plats
, des bossages, des rosaces, des culots ornés de feuillage et
souvent on peut lire la date de construction gravée sur la façade.
Alors que dans la plupart des villes de petites statues servaient à
identifier les maisons ou à s'assurer la protection d'un saint,
il semble qu'à Vernon il y en ait eu assez peu. A peine puis-je
citer une statuette de Ste Catherine sur une maison (disparue) à
l'angle de de la rue Porte Hachette et Carnot et une autre de Sainte
Geneviève (disparue) dans la rue du même nom.
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Les rares sculptures
qu'on trouve à Vernon sont directement dérivées
de celles des églises et ceci d'autant plus facilement
que le charpentier qui construisait le Temps Jadis, par exemple,
n'avait qu'un pas à faire pour voir ce que les tailleurs
de pierre, qui élevaient la nef, faisaient juste à
côté de lui.
Décor
discret à base de plantes piquantes typiques du Gothique
flamboyant
(Note:
la tête sculptée est d'époque moderne)
Collégiale
et maison rue Potard
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Chronologiquement,
les charpentiers ont longtemps, et même tard dans le XVIe
siècle, utilisé le décor gothique. Par
conséquent la fourchette chronologique du gothique est
large, XVème et première moitié du XVIème
siècle, et celle du décor Renaissance étroite,
deuxième moitié du XVIème siècle,
début du XVIIème.
Collégiale
et maison rue Bourbon Penthièvre
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Mouluration de l'encorbellement
C'est souvent l'unique système d'ornementation dans notre région.
Amortissement et chanfrein
Les encorbellements sont en marche d'escalier de par leur nature même
et les ressauts qui sont ainsi formés brisent les lignes verticales
de la maison. C'est pourquoi on s'est toujours efforcé de les
atténuer en amortissant les saillies pour créer en même
temps des effets d'éclairement. La façon la plus simple
de le faire est de chanfreiner les pièces de bois , c.a.d. de
couper les arêtes de ces pièces.
Mouluration des pièces
horizontales
(i) sablières
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Dans les
sablières, la section doit rester intacte ( pour la solidité
de la pièce de bois) donc la moulure - si elle existe,
ce qui n'est pas toujours le cas - est en relief, en avant corps
de la poutre: la plus importante forme le larmier, bec saillant
qui écarte la l'eau de pluie de la muraille. |
La forme du larmier sur la sablière est un des moyens de dater
une maison.
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Evolution des formes des sablières

On voit que le talus était
primitivement droit ou légèrement concave , puis
il s'est compliqué plus tard. La gorge inférieure
s'est décomposéeen plusieurs parties nettement
séparées par des arêtes et le bec du larmier,
un simple méplat au début, s'est arrondi.
En fait cette évolution suit exactement celle du décor
gothique de l'architecture religieuse à la même
époque.
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(ii) entretoises
Il est plus facile de décorer les entretoises en les moulurant,
même assez profondément car elles ne jouent pas un rôle
majeur dans la solidité de l'ensemble.
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Comme
indiqué ci-dessus, la tendance générale est
d'utiliser le chanfrein, c.a.d. d'abattre l'angle inférieur
touné vers l'extérieur (Schéma, type E1)
et donner à la pièce une section triangulaire
plus ou moins prononcée. Toutefois le chanfrein peut
prendre des formes différentes à travers les diverses
régions de la Normandie. |
Rue Carnot,
une des deux maisons qui existent encore avec une entretoise plane
et oblique. L'autre se situe à Pacy sur Eure.
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- On peut trouver
un chanfrein qui créée un méplat au centre
sans toucher aux extrémités comme au ( Mont Saint
Michel ou à Louviers. (Type E2 du schéma)
- Tantôt la
taille s'étend d'un bout à l'autre et peut aller
jusqu'à prendre l'aspect d'une planche oblique mais plane
(type E3) à Vernon, Louviers, Evreux et Pacy sur Eure
(où une maison de ce type subsiste encore); même
en core plus, cette 'planche' peut être creusée
jusqu'à être concave. (Des entretoises de ce type
E4 sont visibles aux Andelys.)
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Mais le plus souvent, et
spécialement à partir de 1450, l'ensemble de l'entretoise
est mouluré.
Comme pour
d'autres types de décors déjà évoqués,
le profil des moulures est directement emprunté à
l'architecture religieuse de la même époque :on trouve
le même profil que celui des colonnettes qui descendent le
long des piliers des églises.
Seulement en plaçant les moulures horizontalement, les charpentiers
ont légèrement déformé les boudins de
manière à rendre le méplat plus visible et
à mieux accrocher la lumière. |
Collégiale
et maison du Temps Jadis
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