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Une fois la structure
en bois mise en place, il reste à garnir les 'marelles' c.a.d.
les intervalles entre les pièces de bois pour clore le bâtiment. La nature du hourdis détermine à son tour l'écartement des colombes. En Normandie, malgré la diversité des matériaux utilisés, cet écartement est le plus souvent égal ou légèrement supérieur à la largeur des bois (on parle alors de "tant plein que vide") dans les maisons de qualité tout au moins.
L'écartement entre les
colombes s'agrandissant progressivement dès le XVIIème siècle
(c'est la fin du "tant plein que vide"), il a fallu procéder
à un clayonnage intermédiaire à l'intérieur
des marelles car des interstices trop grands ne peuvent pas être
convenablement remplis, ce qui provoque une faiblesse de la paroi. On
intercalait alors un pan de bois intermédiaire de section plus
faible que les colombes, souvent disposé obliquement, sur lequel
le hourdis prenait appui et qui disparaissait ensuite dans l'épaisseur
du hourdis. Nature des matériaux D'une façon générale, on se servait des matériaux locaux pour faire le hourdis. Il faut se souvenir que le coût des transports était prohibitif, ce qui poussait à employer des matériaux disponibles sur place.
Dans les régions côtières ou de montagnes, à proximité des torrents, on utilisait fréquemment le galet plat encastré dans les rainures latérales des colombes ou maçonné à la chaux.. Les archives de Dieppe précisent d'ailleurs qu'il fallait faire venir deux charretées de d'argile et une d'eau douce pour mouiller la terre " car l'eau salée ne valait rien"!
Dans la vallée de la Seine, de Vernon à Rouen c'est le plâtre qui domine, en raison des facilités d'approvisionnement depuis Paris que la Seine offrait. Encore plus localement, à Vernon, le hourdis était . fréquemment, un mélange de plâtre et de petites pierres, de la 'menue pierre' comme on disait alors , déchets provenant des nombreuses carrières qui entourent Vernon et qui produisaient une pierre à bâtir estimée et largement exportée. |
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Le meilleur hourdis: le torchis
Le torchis se compose de paille d'avoine hâchée, de poils de vache ou de crins de cheval ou des paillettes de lin suivant la place occupée par le propriétaire dans la hiérarchie sociale. De l'argile est ensuite mêlée au torchis et quelquefois du crottin de cheval.
On pose le hourdis de façon à ce qu'il soit moins épais que les colombes: il est en retrait d'une vingtaine de millimètres de la surface des pans de bois. Après séchage et bouchage des retraits, puis piquetage pour que l'enduit final s'y accroche, ce hourdis reçoit l'enduit de finissage, un mortier aux éléments beaucoup plus fins composé d'argile, de chaux grasse et de de fibres végétales hachées. Enfin pour assurer l'étanchéité (sinon le hourdis se dégrade rapidement sous l'action de la pluie), on prépare un badigeon au lait de chaux qu'on étale au balai sur la dernière couche de torchis. C'est ainsi que pour la fête locale autrefois, les façades étaient reblanchies chaque année ou presque, opération ayant un caractère à la fois esthétique et pratique.
Protection des pans de bois Sur leurs faces internes et extérieures laissées à l'air libre, les pans de bois étaient (et c'est toujours la meilleure des protections qu'on puisse leur assurer) badigeonnés à l'huile de lin, vierge et tiède qui les nourrissait et les protégeait des attaques parasitaires.
Le soubassement Lorsqu'il est correctement mis en oeuvre, le bois est un matériau particulièrement résistant, ses seuls ennemis étant l'humidité, et bien sûr le feu. Contre l'humidité, la précaution essentielle consiste à isoler le pan de bois de l'humidité du sol en le faisant reposer sur un soubassement en pierre. Un dicton anglais dit que ce type de maison "peut durer des siècle si elle a un bon chapeau et de bonnes bottes", c.a.d. une toiture en bon état et un soubassement construit selon les règles de l'art. Le soubassement, prend des formes et des hauteurs variées, et, comme le hourdis, utilise généralement les matériaux du voisinage. A Vernon, ville de carrières de pierre, les soubassements sont toujours en pierre locale, soit en petits moellons, soit en parpaing, c.a.d. en pierres de taille faisant l'épaisseur du mur. |
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