|
|
Comme dans la
plupart des villes françaises, une infime partie du patrimoine
des siècles passés a survécu à Vernon. Cependant,
le service des Monuments Historiques a récemment relevé
233 maisons comportant encore des pans de bois, soit sur le logis, soit
sur les dépendances, chiffre qui, convenons-en, n'est pas mince.
|
Oui,très bien, mais où se trouve Vernon?
Vernon, ville de 25.000 habitants actuellement et qui n'en comptait
guère plus de 2.000 au XVème siècle, est
situé en Normandie, à la limite de l'Ile de France,
dans la vallée de la Seine à une cinquantaine de
kilomètres à l'est de Rouen. Comme il est facile
de le comprendre, cette ville, capitale de la Normandie, a joué
un rôle majeur dans la diffusion des styles, des modes et
des techniques dans la province et cette influence (concernant
l'habitat, dans le cas qui nous concerne) a été
particulièrement sensible dans toute la vallée de
la Seine - à cause des facilités de transport qu'offraient
le fleuve.
|
Autour de la ville, dans les anciens faubourgs et villages de Gamilly,
Bizy et Vernonnet, se trouvaient essentiellement des logements d' ouvriers
agricoles ou de métayers et des fermes, souvent composées de plusieurs
bâtiments répartis autour de la cour, l'un d' eux aligné sur la rue, soit
par le mur pignon, soit par le mur gouttereau. Elles sont aujourd' hui
transformées en maisons d' habitation, principales ou secondaires. C'est
ainsi que les maisons à pans de bois dans les rues du quartier
du Moussel étaient, pour la plupart, celles de petits vignerons
dont les parcelles s'étendaient sur les pentes entre ce quartier
et l'orée de la forêt.
Toutes ces constructions
- largement à pans de bois mais souvent construites de bric et
de broc- ont été transformées au point d' être parfois difficilement lisibles
aujourd' hui.
Juste à l'extérieur de l'ancienne enceinte, près
de la route de Paris, on trouve le quartier de Gamilly et -
à l'intérieur de celui-ci- le Grévarin
, ou Grès-Varin, l'un des anciens fiefs les plus importants
de Gamilly. On y voit encore quelques restes du passé,
des maisons, l'ancien Manoir du Grévarin, l'auberge des 3 Brocs
Couronnés - qui avait encore fière allure il y a une
cinquantaine d'années maisqui est bien mutilée
aujourd'hui. On trouvait aussi l'auberge des 3 Maillets, qui
datait de Louis XIII comme la précédente mais
qui a disparu il y a une soixantaine d'années.
|

Maison XVème / XVIème, quartier du Grévarin
|

Auberge
des 3 Brocs couronnés - Aquarelle d'Alphonse Poulain
(cliquer pour agrandir)
Le centre intra muros se caractérise par quelques rues où le parcellaire
médiéval est encore lisible : parcelles traversantes, maisons étroites,
pan de bois, cour intérieure.

Plan du centre ville indiquant les quartiers qui possèdent
encore des maisons à pans de bois.
Fond de carte: cadastre de 1820 (Cliquer pour agrandir le plan)
Les maisons à
pans de bois du centre ville ont souffert à trois périodes de l'histoire
: au milieu du 19ème siècle avec le percement de la rue
d'Albuféra, une des rues principales d'aujourd'hui et l'essor économique
du XIXème siècle qui a poussé de nombreux propriétaires
à 'moderniser' leur habitation.1940 et 1944 sont deux autres dates
terriblement néfastes pour l'habitat ancien.
|
Destructions et ruines.
Sauf des murs appartenant à une ou deux maisons bâties
en pierre, il ne reste rien de l'habitat antérieur à
1346, date de la la prise, du sac et de l'incendie de la ville
par les troupes d'Edward III d'Angleterre. Par la suite les archives
parlent de destructions diverses mais sans ampleur majeure, semble-t-il.
Par contre, le souvenir de la guerre de 1939 - 45 est encore douloureux
et visible dans le bâti de la ville: bombardements de juin
1940, qui ont totalement détruit toute la partie sud /
sud-est du centre ville, avec des bombes incendiaires dont on
imagine l'effet sur des maisons largement en bois; bombardements
de mai et juin 1944 qui ont atteint les quartiers proches de la
Seine; combats d'août 1944 pour le franchissement du fleuve
par les Alliés, qui ont terminé l'anéantissement
total de ces quartiers historiques.
Au total, 30% des logements
de la ville ont été détuits, la plus grande
partie de ces destructions ayant affecté le centre ville,
détruit à plus de 70%.
|
Que de dommages irréparables
et l'on se prend à rêver à ce que devait être
l'ancien Vernon en lisant les pages écrites par Alphonse Poulain
dans lesquelles il décrivait des maisons
pansues, des piliers de pierre, des consoles et des sommiers débordants
étayés par de volumineux pigeâtres, que sais-je encore....
Le centre ville compte toutefois encore 9 maisons à encorbellement du
15e siècle. Les maisons les plus anciennes datent peut-être de la seconde
moitié du 14ème siècle mais plus certainement du 15e siècle,
10 maisons du 16ème siècle, une quarantaine des17ème et
18èmes siècles.

|