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Assemblage
Les bois sont assemblés à tenons et à mortaises
chevillés et à queue d'aronde. Dans le cas des maisons
sans encorbellements on crée des sablières aussi longues
que possible, en mettant bout à bout des poutres horizontales
(deux ou plus s'il le faut) assemblées ensemble par un "trait
de Jupiter" . Il est ainsi nommé en raison de sa forme qui
évoque les éclairs, un des attributs de Jupiter.
Pas un clou
ni une vis rendent l'ensemble (assez) facilement démontable.
D'ailleurs on a de nombreux exemples d'anciens bâtiments agricoles
de Normandie qui sont vendus, démontés, restaurés
et remontés quelques kilomètres plus loin pour servir
de résidences principales ou secondaires. Les services alsaciens
du fisc, jusqu'à une époque récente, considéraient
les maisons à pas de bois comme des 'meubles', et non pas des
immeubles c.a.d. des objets 'mobiles' et non pas 'immobiles' ( les deux
séries de mots ont la même origine ) qu'on peut emporter
avec soi quand on déméménage.
On peut encore
citer un exemple plus ancien mais local: un certain Batiglini, qui résidait
à Vernon à la fin du XIXème siècle possédait
également une maison à pan de bois à Evreux. Il
a l'a fait démonter, transporter et remonter à Vernon
où elle existe toujours dans l'Avenue de Paris.
Outillage
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Le charpentier médiéval
disposait des mêmes outils qu'il y a encore quelques décennies,
avant l'apparition de l'outillage motorisé (scies, haches,
doloirs, ciseaux, planes, tarières, matériel de traçage
classique). |
Main d'oeuvre
Le travail de charpente représentait
plus de 70 % des frais de construction de la maison. On peut tenter une
estimation de la main d'oeuvre nécessaire:
- mise en place d'une 1 poutre
: 2 hommes;
- érection d'un cadre : 6 à 10 hommes. Construire une
maison à pans de bois demandait donc une main d'oeuvre abondante
pendant plusieurs semaines.
Pour le Sieur de Gouville vers 1505, on mobilisa " les maçons
et charpentiers et tous les servants de céans ", en tout
25 à 30 personnes " Sur les 2 heures de l'après-midi
on commença à lever les poutres et bois. Il était
nuit quand on acheva. "
Montage
de l'ossature
1 - Fabrication
des bois en atelier : coupe, préparation des assemblages,
tenons, mortaises, essais d'assemblage, etc.
2 - Numérotation (indispensable) de chaque pièce -
Montage de l'ensemble au sol, à plat en atelier pour tout
vérifier. |
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3 -Pose des pierres
de coin, en grès ou en calcaire non gélif. Une grosse
pierre est enfoncée dans le sol sous chaque poteau, cornier,
d'huisserie ou intermédiaire : ce sont sur ces pierres
qu'on va élever l'ossature. (Il n'y a aucune autre fondation
et ce qui explique que ces maisons sont souvent affaissées
d'un côté).
Musée,
XVème siècle, rue Carnot
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4 -Montage final:
L'ensemble des pièces est monté d'avance sur place
à même le sol par le maître d'uvre si
l'espace le permet ou dans un terrain proche assez grand, un cimetière
au besoin, puis il est 'levé' en bloc tout monté
avec un engin à potence, cordes, treuil et poulies.
Si la surface disponible
est trop restreinte, on n'assemble qu'un étage, on le met
en place et et recommence pour les étages suivants. Voici
donc une autre raison pour expliquer le développement de
l'emploi de bois courts ( en plus
des problèmes d'approvisionnement en bois longs)
Naturellement, de nos jours, avec les moyens de levage modernes,
le montage définitif se fait en atelier et la structure
est apportée toute montée.
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Mise en place
de l'ossature de la façade du 1er étage lors de
la restauration d'une maison rue Bourbon Penthièvre
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5 - C'est seulement
à ce stade que l'on construit le solin = soubassement en
pierre de 50 / 80 cm de hauteur. Ce solin n'a aucun rôle
porteur, son but est d'empêcher l'humidité de
remonter. L'assemblage de matériaux du muret ne doit rien
au hasard ou à la fantaisie mais à une connaissance
profonde des coupures nécessaires à la lutte contre
les remontées d'humidité.
XVème
- XVIème siècle, rue du Grévarin
On voit également les pierres qui portent le poteau cornier
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L'ossature à colombage
est dressée au printemps, la toiture se place à l'été,
ainsi que le remplissage des marelles ( les 'vides' entre les colombes).
À l'automne, la maison se trouve sous toit, de sorte que l'aménagement
intérieur peut se prolonger tranquillement au cours de l'hiver.

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