![]()
|
Un mur a deux
fonctions principales : supporter la couverture et les planchers, et assurer
la clôture de l'édifice. Dans un mur maçonné,
ces deux fonctions sont assurées en même temps car la maçonnerie
forme une masse homogène et peu différenciée qui,
de plus, constitue un ensemble autoportant. Au contraire, un pan de bois
n'est pas autoporteur si bien que pour
être stable il doit dépendre étroitement des autres
éléments de l'édifice: sa stabilité est assurée
par sa liaison avec les murs adjacents ainsi qu'avec les poutres des plafonds
et la charpente du toit. Parfois seule la façade de la maison est en pans de bois et les murs latéraux sont en pierre. (Notons toutefois que c'est exceptionnel à Vernon.) Dans ce cas l'assemblage des panneaux avec les murs latéraux est toujours semblable: les poteaux corniers terminent toujours le panneau. Autrement dit, ils ne s'encastrent pas dans les murs latéraux. Ainsi la façade à pan de bois est-elle dissociée des murs latéraux mais liée aux solives, aux planchers et à la charpente du toit. Pour les raisons exposées ci-dessus, bien que la technique du pan de bois, ne concerne théoriquement que le mur, c.a.d. une paroi extérieure ou intérieure, elle implique une conception d'ensemble radicalement différente de la construction maçonnée. Un mur en pans de bois est constitué de deux parties principales: l'ossature, et le colombage, auxquelles s'adjoignent des éléments complémentaires : le hourdis et le soubassement. Ossature L'ossature forme l'armature du mur charpenté, comme le font les montants métalliques ou en bois d'une serre et elle délimite chacun des panneaux du pan de bois.
La structure est basée
sur de gros bois verticaux appelés poteaux (en jaune sur le
schéma) qui servent d'appui à chaque ferme (en gris). Chaque cadre rectangulaire (ou carré) ainsi déterminé correspond à une des fermes de la charpente du toit et forme une travée complète : une travée comprend le pan de bois avant et celui d'arrrière ( éventuellement le pan de bois latéral si on se trouve en bout de construction) ainsi que les fermes de charpente qui correspondent. L'entrait de chaque ferme ( en bleu sur le schéma ci-dessous) est ancré dans la sablière haute de façon à empêcher le déversement des murs.
Voici donc assumée la
première fonction du mur : supporter la toiture et les planchers.
Il reste à assurer la clôture de l'édifice : ce sera
l'un des deux rôles du colombage.
|
|||||||||
|
Décharges Mais cet ensemble manque encore de stabilité latérale, les cadres rectangulaires ou carrés ainsi délimités ayant tendance à se déformer, l'angle droit cessant de l'être et le cadre devenant un en parallélogramme. Divers systèmes sont utilisés pour raidir cette carcasse de bois, variant selon les régions, et parfois prétexte à des décors élaborés.
Ils sont tous à base
d'éléments obliques dont le plus simple est l'écharpe
encore appelée décharge (couleur olivesur le schéma)
c.a.d. une colombe placée en oblique et assemblée à
la fois dans la sablière et le poteau, ou dans les sablières.
Ce qui précède vaut pour les constructions à un seul niveau, où l'ossature forme un ensemble cohérent. Lorsque la maison comportait plusieurs niveaux, le charpentier avait deux solutions :
Il n'est pas rare de rencontrer les deux systèmes utilisés en même temps dans le même bâtiment, avec un encorbellement pour la façade principale - en raison notamment des possibilités décoratives qu'il offrait - et des arrières aux structures plus simples.
Quelques notes sur sur l'évolution après le milieu du 16°siècle
| ||||||||||