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Vernon a conservé un nombre suffisant de maisons dans un état
tel qu'on peut raisonnablement reconconstituer leurs plans d'origine et
leurs dimensions.
Une maison étant
clairement un marqueur social, il faut distinguer entre les 'ostels' ou
' grands mesons' des notables, les maisons des 'gens du commun' - de la
chaumière à l'immeuble en passant par tous les habitats
plus ou moins modestes - et enfin les pauvres habitations des 'gens de
rien'.
Passons sur les
'ostels' parce que les plans, les dimensions et la situation dans la ville
peuvent varier complètement d'un ostel à l'autre, la seule
caractéristique commune étant que cette forme d'habitat
tranche sur les autres par son étendue et son ambition monumentale.
A l'autre bout de l'échelle, les 'maisons de rien , les 'bouges
de maisons ruyneuses' étaient une lèpre immobilière
dont rien ne subsiste aujourd'hui.
De très
nombreuses habitations urbaines de la petite et de la moyenne bourgeoisie
du XVème siècle étaient disposées sur des
terrains en forme de lanière, tout en longueur avec une façade
en pignon sur la rue.
Distribution
(ceci ne concerne, bien entendu, ni les 'ostels, ni les 'maisons de rien')
- Les maisons sont t presque
toujours construite sur une cave. Celle-ci servait souvent d'atelier,
par exemple pour un tisserand. Parfois on trouvait un puits dans celle-ci,
mais c'est un signe de confort et de richesse. (Quelques exemples, rue
Carnot)
Deux caves rue Carnot
(XIII - XVème siècle)
- Rez de chaussé: occupé
par l'ouvroir, c.a.d. l' atelier ou l' échope et par la cuisine
(à moins que celle-ci ne soit située dans un bâtiment
annexe)
- Etage : on y trouve la
'salle' ou l a 'chambre' , qui n'est pas forcément la pièce
où l'on dort mais simplement notre salle de séjour.
- Le solier, terme vague
et devenu rare au XVème siècle désignait alors
alors une pièce au dernier étage
- Les combles sont utilisés
soit pour le coucher ou comme espace de stockage de marchandises.
- On pouvait trouver aussi
divers bâtiments annexes et galeries abritant des latrines, une
écurie, un poulailler, etc...
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Quel étage ?
Jusqu'au XVIIIème
siècle, le rez de chaussée compté comme le
premier étage, tout simplement nommé l'estage, notre
premier étant donc le second, etc... Les anglais faisaient
de même et ont changé d'appelation comme nous vers
la même période. Par contre les américains
ont conservé l'ancienne appellation, héritée
de la colonisation britannique.
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La disposition intérieure
des maisons de la petite et moyenne bourgeoisie était constante
et se retrouve encore facilement aujourd'hui (sauf lorsque le
rez- de-chaussée est occupé par une boutique) : la porte d'entrée,
toujours surmontée d'une imposte, se situe sur un côté,
elle ouvre sur un couloir latéral et les chambres basses
et hautes sont en profondeur par rapport à la rue.
Rue Bourbon Penthièvre
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Quelques plans caractéristiques
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La
cour et le second bâtiment de cette maison, vus depuis le
premier. La galerie a été ajoutée plus tard,
au XVIème siècle, probablement, ce qui a justifié
la suppression d'un des escaliers
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Disposition
similaire rue d'Albuféra. Le bâtiment sur la rue a été
détruit vers 1860, au moment de travaux d'élargissement
de la rue, et celui derrière la tourelle de l'escalier vers
1880 |
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Minutes notariées
Maître
Lavoisier, Notaire royal à Vernon sur Seine, le 127 janvier
1818, a rédigé l'acte de vente d'une maison située
au N° 32 de la Grande Rue. La propriété comprenaitdeux
bâtiments:"la premiers corps de bâtiment sur
la rue se compose d'une boutique, arrière boutique, passage
d'allée au rez de chaussée, caves dessous, d'une
chambre à feu et cabinet au premier étage, d'une
chambre à feu et cabinet au second, grenier au dessus.
Le second corps de bâtiment est distribué en une
salle au rez de chaussée et une chambre à feu
au premier étage, grenier audessus, un escalier desservant
la totalité de ladite maison, deux cours, dont l'une
petite et l'autre plus grande, écurie au fond de la seconde
cour, lieux d'aisance et autres dépendances."
La maison,
rue Carnot, concernée par cette vente
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Divers
types de maisons
Les maisons des "gens du commun" (de la bourgeoisie
moyenne aux classes populaires, à l'exclusion des très
pauvres)
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On retrouve la largeur
habituelle en cette fin de Moyen Age de 4 à 6 mètres,
avec une profondeur allant de 7 à 10. La façade
pouvait être plus longue, mais aussi se réduitre
à une porte et une fenêtre.
Rue Potard
- à gauche, maison représentative de l'habitat
vernonnais au XVème siècle - à droite,
celle d'une personne bien plus modeste
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On accédait à
l'étage par un escalier à vis en tourelle en hors d'uvre
ou parfois par une simple une échelle extérieure.
Là, les sols sont carrelés dès la fin du XVème siècle,
même celui des combles. Mais les contrats de location stipulent qu'il
ne faut pas charger l'étage ou le grenier avec des produits lourds ni
y entreposer du poisson, précise l'un d'eux!!!
La pièce principale - et elle seule - était chauffée grâce à une cheminée,
de grande taille. Les cloisons internes, selon la qualité de la maison
allaient du simple clayonnage de branchages tressés à des pans de bois
hourdis de torchis.
Les maisons
de la bonne bourgeoise
Si la largeur
peut être la même, elle est souvent aussi plus importante
et surtout, la maison est plus profonde allant jusqu'à 15 à
20 mètres. Un autre type de maison est celui examiné ci-dessus,
deux bâtiments, l'un sur rue, l'autre sur cour, avec ou sans galerie
pour passer de l'un à l'autre. Dans les deux cas, on a une surface
au sol approximative de 60 à 100m², qui se trouvait doublée
par celle de l'étage. Donc une surface appréciable rendant
possible une vie aussi confortable que l'époque le permettait.
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Cette
belle demeure fut au XVIème siècle la résidence
de François Miron, médecin personnel de Charles
IX et d'Henri III. |

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Certaines
maisons étalent la réussite sociale de leurs propriétaires:
leurs façades regardent l'église paroissiale ou
sont situées au carrefour des deux rues principales de
la ville,des maisons qui dominent l'environnement de leurs hautes
toitures, comme le font les églises et les bâtiments
publics. L'orgueil et la puissance des riches s'étale dans
ces constructions en encorbellement qui abritent d'une dizaine
de pièces ou même plus. |

Ci-dessus:
angle rue Carnot et rue du Pont. Abrite actuellement le musée
Photo
de gauche : maison du Temps Jadis, rue Carnot
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