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Toitures La toiture est un des éléments
essentiels de l'aspect de la maison
Dans la deuxième moitié du XVIème siècle, on est passé progressivement du mur pignon au mur gouttereau sur rue: les toits sont dès lors nettement moins pentus mais surtout cela change le sens des maisons qui, de perpendiculaires à la rue, deviennent parallèles à celle-ci. Souvent au fils des années des propriétaires de maisons contigues s'entendront pour réaliser une toiture unique qui couvre deux ancienne festes ou plus.
Victor Hugo avait déjà noté cette transformation quand il écrivait dans Notre-Dame de Paris : [la place de Grève] " était, comme aujourd'hui, un trapèze irrégulier bordé d'un côté par le quai, et des trois autres par une série de maisons hautes, étroites et sombres. La nuit, on ne distinguait de cette masse d'édifices que la dentelure noire des toits déroulant autour de la place leur chaîne d'angles aigus. Car c'est une des différences radicales des villes d'alors et des villes d'à présent, qu'aujourd'hui ce sont les façades qui regardent les places et les rues, et qu'alors c'étaient les pignons. Depuis deux siècles, les maisons se sont retournées." Les couvertures ont longtemps
été en chaume (souvent en paille de seigle , la plus résistante).
Les incendies étaient fréquents, mais contrairemebnt à
ce qu'on pense généralement, ils n'étaient guère
causés par les pans de bois car a/ le chêne est peu combustible
quand exposé à l'air depuis des décennies b/ il était
complètement est encastré dans la bauge ou le plâtre,
donc peu inflammable. La véritable raison des incendies était
le chaume et si celui-ci était en très net recul dans les
centres urbains dès le XVème siècle il a été
long à disparaître totalement des villes. Les compte de Saint
Maclou, à Rouen, mentionnent des toitures en chaume en 1563 et
1566. Une législation hostile et renouvelée, ce qui signifie
qu'elle est aussi peu ou mal appliquée, se retrouve jusqu'en 1778
et 1782. Ainsi peut-on noter, parmi d'autres, les Arrêts du Parlement
en 1675 qui interdisent (ou tentent d'interdire) de couvrir en paille
dans les bourgs et les villes.
Comme il a été dit en parlant de l'ossature, chaque ferme de charpente correspond à un cadre rectangulaire (ou carré) de l'ossature et forme avec lui une travée complète. L'un des problèmes de ce type de charpente est qu'il ne permet pas d'utiliser au mieux le volume du comble, largement occupé par les pièces de la charpente et réduit par les pans coupés. C'est pourquoi, dès le XVème siècle, commence à apparaître le "comble à surcroît", encore appelé " à accroissement" ou encore "à exhaussement". Par rapport à la charpente du comble traditionnel apparaît alors une nouvelle pièces, le double arbalétrier, avec une jambe qui part de la sablière haute de l'ossature principale et une autre qui part de la sablière haute de la bande de surcroît pour rejoindre la précédente plus haut dans la charpente.
L'objectif de tout ceci est de créer une pièce facilement habitable dans le comble, sans trop de pans coupés et du même coup sans trop de perte d'espace, et alors que la hauteur de la charpente du toit reste la même. (On remonte aussi l'entrait plus haut dans la charpente pour dégager de la place au sol. Cet entrait est dit alors 'retroussé'). De plus, cet agencement permet également de créer aisément des lucarnes dans ce comble. Rare encore au XVème
siècle, le comble à surcroît se répand au XVIème
et se généralise aux XVIIème et XVIIIème siècles
dans la vallée de la Seine. Citons deux devis, l'un de 1404 à
Rouen: "Le mur sera reformé pour faire surcroît afin
qu'il y ait plus bel estage pour le grenier ", l'autre au XVIIème
siècle: le comble sera à surcroît " pour estre
de service à coucher des enfans ou autres " >> Page 2 (Fenêtres) |