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" Le jardin
de Monet compte parmi ses oeuvres, réalisant le charme d'une adaptation
de la nature aux travaux du peintre de la lumière. " (Clemenceau,
Président du Conseil pendant la 1ère guerre mondiale et
ami intime de Monet.)
Le Clos normand Claude Monet n'aimait
pas les jardins artificiels avec des faux rochers et des cascades, des
gros champignons en ciment au pied des arbres, des colonnes, des arbres
taillés en forme de cônes ou de cubes ou bien (comme le disait
avec humour Jean-Pierre Hoschedé, le dernier fils d'Alice) "
en forme de coqs gaulois. "
Le verger d'origine
était entouré de hauts murs que Monet fit immédiatement
diminuer pour dégager la vue sur les coteaux et sur la vallée
de la Seine, dont la variation des teintes l'enchantait.
Au début,
Monet et sa famille faisaient le plus gros des travaux eux-mêmes.
Il a écrit : "Nous nous sommes tous mis au jardin : je bêchais,
plantais, sarclais moi-même; le soir les enfants arrosaient. A mesure
que la situation s'améliorait, je m'étendais." | |||||||||||||||||||||||||||||||
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Le Clos Normand est une fête
avec ses 100.000 plantes renouvelées chaque année et ses
100.000 vivaces. Monet n'hésitait pas à mêler les
fleurs les plus communes aux variétés les plus rares. Il
n'aimait guère les fleurs doubles mais préférait
les simples. Comme dans ses tableaux, dans lesquels il n'utilisait jamais
la couleur noire, il n'aimait pas les fleurs aux couleurs sombres et il
voulait que le jardin fût fleuri tout au long de l'année,
mélangeant plantes annuelles et vivaces.
Comme le montre un lettre qu'il
écrivit en 1893 il savait déjà que ce ne serait pas
simplement un jardin d'agrément mais qu'il trouverait là
un endroit pour renouveler son art.
Plus tard Monet décrivait ainsi son jardin : "C'est un étang que j'ai créé il y environ quinze ans. Il fait 200 mètres de tour et est alimenté par un bras de l'Epte. Tout autour il y a des iris et diverses plantes aquatiques devant un arrière-plan composé de différents arbres, des peupliers et des saules en majorité, surtout des saules pleureurs. C'est à cet endroit même que j'ai déjà peint les Nymphéas avec un pont japonais. " Les verts miroitent quand les saules pleureurs se reflètent dans la richesse des tons de l'étang. C'est là que l'on peut sentir la présence de Monet et que l'on commence à comprendre son art. Le jardin d'eau fut une source perpétuelle d'inspiration pour le peintre qui, au début, donnait de l'importance au paysage ( l'étang, le pont, les arbres). Mais peu à peu celui-ci a disparu et seuls sont restés les nymphéas et les reflets colorés au-dessus de l'eau.
C'est de cette recherche de la couleur dont Proust parlait quand il écrivait : " Si je puis voir un jour le jardin de Claude Monet, je sens bien que j'y verrai, dans un jardin de tons et de couleurs plus encore que de fleurs, un jardin qui doit être moins l'ancien jardin-fleuriste qu'un jardin coloriste, si l'on peut dire, des fleurs disposées en un ensemble qui n'est pas tout à fait celui de la nature, puisqu'elles ont été semées de façon que ne fleurissent en même temps que celles dont les nuances s'assortissent, s'harmonisent à l'infini en une étendue bleue ou rosée, et que cette intention de peintre puissamment manifestée a dématérialisées, en quelque sorte, de tout ce qui n'est pas la couleur. "
Giverny,
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