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VERNON and GIVERNY, PASSIONATELY - VERNON und GIVERNY MIT BEGEISTERUNG
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La présence d'un pont dans une ville sur un fleuve difficile à traverser a souvent contribué au développement de cette ville puisqu'il fait d'elle un point de passage obligé au carrefour de la route longeant le fleuve et de celle qui le traverse. Tel a été le cas de Vernon, fondé vers 920 mais qui prend un intérêt stratégique quand s'affrontent le Roi de France et de Roi d'Angleterre, Duc de Normandie à partir du début du XIIème siècle. D'après certains historiens - mais d'autres ne sont pas d'accord - il semblerait qu'un premier pont existait dès 1125, date à laquelle Henri I d'Angleterre fit fortifier la ville. Si ce pont a existé, ce n'était probablement qu'une construction légère en bois dont il ne reste aucune trace.
Le pont médiéval
C'est à Philippe Auguste que nous devons la construction d'un premier
pont de pierre, dont il reste des vestiges importants. Cette importance stratégique oblige le roi à protéger le pont : à l'une de ses extrémités se trouve la ville avec son enceinte et son château (dont il subsiste la Tour des Archives) ; à l'autre Philippe Auguste fait ériger un châtelet (l'actuel Château des Tourelles) et sur l'île dite l'Île du Talus, sur laquelle le pont prend appui, une tour fortifiée complète le dispositif. (L'ensemble ce de ce dispositif militaire apparaît clairement sur la gravure ci-dessus qui montre Vernon au XVIème siècle).
Ce pont est aussi une chance économique pour Vernon qui devient un carrefour entre
la route Paris - Rouen et une route nord-sud qui coupe le fleuve, d'autant
plus vite que, à peine est-il construit, le pont cesse d'être
un enjeu militaire. En effet, dès 1204, la Normandie est devenue
française et la guerre s'éloigne de la région pour
un siècle et demi. Le pont comptait 25 arches de pierre à l'origine ( chacune de 10 à 12 mètres de large) mais nous savons que l'Ancien Régime était incapable d'entretenir régulièrement de tels ouvrages qu'on utilisait jusqu'à la limite de l'écroulement avant d'être obligé de se lancer dans de grands travaux de restauration. C'est ainsi que peu à peu les arches de pierre ont été remplacées par un tablier de bois posé sur les piles : en 1830 seulement huit arches étaient encore en pierre Le
pont vers 1850, entre l'île du Talus et Vernon. La plupart des piles, peu ou pas entretenues, pouvaient être emportées par des crues et le pont devenait inutilisable pendant plusieurs années. Alors on installait un bac. (Ne pensez pas que ce problème étaient spécifique à Vernon : Rouen, deuxième ville du royaume par la taille, ne parvenait pas à entretenir son pont au XVIème siècle et avait du mettre en place un ce ces services de navettes traversières.)
Cette gravure du XIXème siècle montre bien pourquoi les piles, Par exemple, en 1651, après la chute de deux arches, on décidait d'abandonner le pont pour mettre un bac, système qui, en apparence du moins, coûtait moins cher que la réparation.
Les pêcheries, elles aussi, étaient accusées d'endommager les structures : des filets étaient tendus entre les piles àl'aide de cordages manœuvrés par des treuils posés sur le garde-corps en bois. Ces filets plongés dans l'eau produisaient des vibrations qui ébranlaient le pont, à tel point qu'il fallut les interdire en 1849. Ce pont, bas sur l'eau, avec ses arches encombrées par les roues pendantes des moulins et les filets des pêcheries, représentait un obstacle à la navigation : une seule arche, dite 'arche marinière' - située de côté de Vernon, était de taille suffisante pour laisser passer les bateaux. Même le passage de cette arche était difficile : un Ingénieur des Ponts et Chaussée écrivait dans son rapport en 1812: "La rapidité de l'eau sous l'arche marinière étant considérable, c'est à ce point qu'il faut déployer les plus grands efforts pour franchir la cataracte [sic] en prenant les précautions nécessaires pour que le bateau enfile exactement le milieu de l'arche ". Vernon et son pont en 1845 Le pont Napoléon A partir de 1840 des travaux importants sont entrepris sur tout le fleuve pour en dompter le cours et le rendre plus facilement navigable (dragage, rectification du lit, arasement de certaines îles, construction de barrages et d'écluses, creusement de lacs de retenue, etc.) Avant ces grands travaux, terminés seulement vers 1980, la Seine était un fleuve capricieux et sauvage, assez semblable à la Loire de nos jours avec un lit encombré d'îles et de bancs de sable, avec des crues importantes en hiver et des étiages prononcés en été. (La gravure ancienne plus haut dans la page montre bien le lit; les îles et les bancs de sable qui encombrent le lit du fleuve.) Rappelons, à ce sujet, le miracle de Saint Adjutor au XIIème siècle : le Saint aurait miraculeusement apaisé des tourbillons en comblant des gouffres dans le lit du fleuve, qui avaient causé la mort de plusieurs bateliers à la sortie de Vernon. Ajoutons à ce miracle celui de Saint Romain à Rouen qui aurait tué le monstre qui, en nageant dans le fleuve, causait de tels remous qu'ils coulaient les embarcations qui s'aventuraient là. Ce sont de pieuses légendes mais elles suggèrent cependant que les conditions de navigation étaient loin d'être ce qu'elles sont aujourd'hui ! Tout les travaux, visant à rendre la navigation plus facile et à accueillir des bateaux de plus en plus gros auraient été vains si le vieux pont de Vernon avait continué à être un obstacle en travers du fleuve. En 1861, un nouveau pont est inauguré. Les travaux ont débuté en 1858 et l'ouvrage a été construit quelques mètres en amont de l'ancien, afin de lui donner une plus grande stabilité. Ce pont, long de 253 mètres, était constitué de sept arches : les deux arches aux extrémités avaient une ouverture de 28 mètres (au lieu de 22 pour les autres) et l'arche de la rive gauche (donc située du côté du centre ville) étaient réservée à la navigation : 22 mètres pour les bateaux et 6 mètres pour le chemin de halage.
Vue générale de Vernon vers 1900 Le pont construit, on a détruit l'ancien pont médiéval entre Vernon et l'île du Talus. (Il a fallu indemniser les propriétaires des trois moulins situés sur les 3ème, 4ème et 5ème arches.) Quant à la partie située entre l'île et Vernonnet ; c'est par manque d'entretien qu'elle disparaîtra peu à peu à l'exception de quelques arches et d'un moulin, qui nous permettent encore d'évoquer ce qu'était le pont médiéval.
Le pont médiéval dans son état actuel avec un des moulins pittoresquement installé sur les piles. Déplacer le pont par rapport à l'ancien a obligé à restructurer le réseau de rues desservant ce nouveau pont : c'est ainsi que, en 1860, plusieurs petites rues du centre ville ont été reliées et transformées pour former une voie nouvelle d'accès au pont. Le Conseil Municipal l'a nommée rue d'Albuféra " en témoignage de reconnaissance de la ville pour les éminents services qu'il [le Duc d'Albuféra] a rendus à la ville comme maire depuis six ans. "
Ce pont a connu de nombreuses vicissitudes. Les ponts provisoires Les Allemands ont d'abord installé un pont de bateaux qu'ils ont du démonter en janvier 1941 quand les glaces que charriait la Seine menaçaient de l'emporter. Une passerelle pour les piétons a été alors mise en place ainsi que d'un bac pour les véhicules. Cette passerelle était peu fiable et les gens hésitaient à l'emprunter. De fait, elle était tendue sur des câbles mais note un membre de l'équipe d'entretien : " Cette passerelle a été notre cauchemar. Nous pouvons maintenant révéler au public que les câbles n'avaient pas une longueur suffisante pour franchir la Seine. Il avait donc fallu allonger ces câbles par d'autres câbles de plus petit diamètre ligaturés aux premiers. Chaque matin notre première visite au pont était pour ces câbles. Un glissement ne s'était-il pas produit ? Nous ne l'avons heureusement jamais constaté. " (Le Démocrate du 7 février 1947) D'avril à juin 1941, un pont provisoire est installé, mais le 26 mai 1944, sa partie centrale est détruite par les bombardements alliés (en même temps que tous les autres ponts sur la Seine entre Paris et la mer, afin d'empêcher ou au moins de ralentir l'arrivée de renforts allemands sur le futur front de Normandie).
Dès 1945, un nouveau pont provisoire est installé, un pont du modèle Callender Hamilton, constitué de longues travées métalliques. Pont Callender Hamilton mis en place en 1945 Quand la décision a été prise de reconstruire un pont définitif à l'emplacement de ce pont provisoire, il a fallu d'abord élever de piliers temporaires à quelques mètres de là puis y riper le pont Callender Hamilton, laissant ainsi la place libre pour le chantier du pont définitif.
Le pont Clémenceau actuel Construit de 1950 à 1954, il est constitué d'une ossature métallique recouverte d'une dalle de béton. Il se compose de trois arches avec deux piles en Seine, ce qui a permis d'approfondir le chenal navigable pour un meilleur écoulement de l'eau. L'ouvrage, ouvert à la circulation en novembre 1954, a été inauguré par le Président du Conseil en janvier 1955.
Un nouveau pont ? Si le pont lui même est toujours capable d'absorber la circulation actuelle, ces sont ses accès qui ne le permettent plus et les files de voitures s'allongent de part et d'autre à certaines heures. Alors, à quand le nouveau pont pour que nous puissions terminer cette page ? Pour compléter votre visite virtuelle des ponts de Vernon, consultez aussi la page " Le Vieux Moulin et le château des Tourelles " et " Août 1944, les Alliés traversent la Seine ".
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